Points Clés à Retenir
- Cadre Légal : L’employeur doit garantir l’égalité de traitement (rémunération, conditions de travail) entre intérimaires étrangers et salariés permanents, conformément au Code du travail français.
- Ressortissants de l’UE/EEE : Ils bénéficient de la libre circulation et n’ont pas besoin d’autorisation de travail. Une simple vérification de pièce d’identité valide suffit.
- Ressortissants Hors-UE : L’embauche est conditionnée à l’obtention d’une autorisation de travail valide et d’un titre de séjour adéquat. L’employeur a l’obligation de vérifier l’authenticité de ces documents auprès de la préfecture.
- Distinction Clé : Il faut différencier le détachement de travailleurs (où le salarié reste lié à son employeur d’origine) de l’intérim local (où il est salarié de l’agence d’intérim française). Les obligations diffèrent.
- Rôle de l’Agence Spécialisée : Collaborer avec une agence comme Action Interim simplifie le processus, assurant la conformité réglementaire, la sélection de profils qualifiés (comme les talents roumains) et la gestion administrative.
- Obligations Administratives : L’entreprise utilisatrice doit établir un contrat de mise à disposition précis et s’assurer que l’agence d’intérim a effectué toutes les déclarations nécessaires (DPAE, etc.).
Introduction : L’Intérim Étranger, un Levier Stratégique pour les Entreprises Françaises
Dans un marché du travail français marqué par des tensions de recrutement dans plusieurs secteurs clés, le recours à l’intérim étranger s’impose comme une solution stratégique pour les entreprises. Cette approche permet non seulement de pallier la pénurie de main-d’œuvre qualifiée mais aussi de gagner en flexibilité et en compétitivité. Pour tout employeur, comprendre que doit savoir un employeur sur l’intérim étranger en France est la première étape vers un recrutement réussi et conforme à la législation.
Le recrutement de travailleurs intérimaires venus d’autres pays, notamment de l’Union Européenne, offre un accès à un vivier de compétences plus large. Des secteurs comme le BTP, l’industrie, la logistique ou l’agriculture font face à une demande constante de personnel qualifié, que le marché national peine parfois à satisfaire.
Faire appel à des intérimaires étrangers, comme des ouvriers, des techniciens ou des artisans qualifiés, devient alors un accélérateur de croissance. Ce guide complet a pour vocation de vous éclairer sur l’ensemble des règles, des démarches et des bonnes pratiques pour intégrer sereinement ces talents au sein de vos équipes.
Comprendre le Marché du Travail Français et ses Besoins Spécifiques
Le marché du travail en France est caractérisé par un paradoxe : un taux de chômage persistant coexiste avec d’importantes difficultés de recrutement dans certains domaines. Plus de 50% des recrutements sont jugés difficiles selon Pôle Emploi. Cela concerne la construction, la santé et l’hôtellerie-restauration. Ces tensions structurelles créent des opportunités pour la main-d’œuvre étrangère.
Les secteurs en tension chronique
Plusieurs branches d’activité sont en recherche constante de compétences spécifiques. Voici une liste non exhaustive des métiers les plus recherchés où l’intérim étranger peut apporter une solution :
- BTP : Maçons, couvreurs, charpentiers, électriciens, plombiers, et conducteurs d’engins. La demande pour une main-d’œuvre spécialisée et flexible est particulièrement forte sur les grands chantiers et les projets de rénovation.
- Industrie : Soudeurs, chaudronniers, techniciens de maintenance, opérateurs sur machine à commande numérique. Ces postes exigent des compétences techniques pointues souvent disponibles chez les travailleurs européens.
- Logistique et Transport : Préparateurs de commandes, caristes, et chauffeurs routiers. Le dynamisme du e-commerce a fait exploser les besoins dans ce secteur. Le recrutement de caristes roumains peut être une solution logistique efficace.
- Agriculture : Travailleurs saisonniers pour les vendanges, la cueillette de fruits et légumes. La saisonnalité de ces activités se prête parfaitement à des contrats de mission d’intérim.
Les avantages de la main-d’œuvre intérimaire étrangère
Recourir à des travailleurs intérimaires européens, c’est d’abord s’offrir une flexibilité accrue. Vous pouvez ajuster vos effectifs en fonction des pics d’activité, des chantiers ou des commandes, sans alourdir votre masse salariale permanente.
C’est également un moyen efficace d’accéder à des compétences spécifiques et un savoir-faire artisanal qui peuvent faire défaut localement. Des pays comme la Roumanie ou la Bulgarie sont reconnus pour la qualité de leurs ouvriers du bâtiment, qui apportent une expertise précieuse.
Enfin, cela peut générer un avantage compétitif en termes de productivité, grâce à des équipes motivées et expérimentées.
Cadre Légal : Ce que l’Employeur Doit Savoir sur l’Intérim Étranger en France
L’emploi d’intérimaires étrangers en France est strictement encadré par le Code du travail, qui vise à protéger les salariés et à garantir une concurrence loyale. L’employeur utilisateur doit maîtriser deux corpus de règles : celles relatives au travail temporaire et celles concernant l’emploi de travailleurs étrangers. La complexité dépend principalement de l’origine du salarié : Union Européenne ou pays tiers.
Le principe fondamental est celui de l’égalité de traitement. Un intérimaire étranger doit bénéficier des mêmes droits qu’un salarié français en CDI occupant un poste équivalent après sa période d’essai. Cela concerne la rémunération (salaire de base, primes, accessoires), la durée du travail, les repos, les jours fériés, la santé et la sécurité au travail. Toute discrimination est sévèrement sanctionnée. Le recrutement d’intérimaires étrangers en Europe demande une connaissance précise de ce cadre.
Obligations de l’entreprise utilisatrice
Même si le travailleur est l’employé de l’agence d’intérim, l’entreprise qui l’accueille (l’entreprise utilisatrice) a des responsabilités directes. Elle est notamment responsable des conditions d’exécution du travail :
- Santé et sécurité : Fournir les équipements de protection individuelle (EPI), assurer la formation à la sécurité du poste de travail et garantir un environnement sûr.
- Durée du travail : Veiller au respect des durées maximales de travail (journalières et hebdomadaires) et des temps de repos.
- Contrôle : L’entreprise utilisatrice doit s’assurer que l’agence d’intérim a bien rempli toutes ses obligations déclaratives (Déclaration Préalable à l’Embauche – DPAE, affiliation aux caisses sociales, etc.).
En cas de manquement de l’agence d’intérim à ses obligations de paiement des salaires ou des cotisations, l’entreprise utilisatrice peut être tenue de s’y substituer. C’est pourquoi le choix d’un partenaire fiable, comme Action Interim, est crucial.
Spécificités liées à l’origine des travailleurs
La distinction la plus importante à opérer est la suivante :
- Ressortissants de l’UE/EEE/Suisse : Ils bénéficient du principe de libre circulation des travailleurs. Ils peuvent travailler en France sans autorisation de travail. L’employeur doit simplement vérifier la validité de leur carte d’identité ou de leur passeport.
- Ressortissants de pays tiers (hors UE) : Ils doivent impérativement détenir une autorisation de travail valide pour pouvoir être embauchés. L’employeur a l’obligation légale de vérifier l’authenticité de leur titre de séjour valant autorisation de travail auprès de la préfecture compétente, au moins deux jours ouvrables avant l’embauche. Le non-respect de cette obligation expose à de lourdes sanctions pénales et financières.
Les Différents Types de Contrats d’Intérim Applicables
La relation de travail temporaire est triangulaire et repose sur deux contrats distincts mais liés : le contrat de mise à disposition, signé entre l’agence d’intérim et l’entreprise utilisatrice, et le contrat de mission, signé entre l’agence et le salarié intérimaire. Comprendre leur articulation est essentiel pour l’employeur qui accueille le travailleur.
Le Contrat de Mise à Disposition
C’est le document qui formalise la relation commerciale entre votre entreprise et l’agence de travail temporaire. Il doit obligatoirement mentionner :
- Le motif du recours à l’intérim (remplacement, accroissement temporaire d’activité…).
- Le terme de la mission (date de fin précise ou durée minimale si le terme est imprécis).
- Les caractéristiques du poste (qualification, lieu, horaires).
- Le montant de la rémunération que percevrait un salarié de l’entreprise en CDI sur ce poste.
- Le nom et la qualification du salarié remplacé (en cas de remplacement).
Le Contrat de Mission
Ce contrat lie le salarié à l’agence d’intérim. Le contrat de mission précise les droits du salarié. Il inclut rémunération, période d’essai et indemnités. En tant qu’entreprise utilisatrice, bien que vous ne soyez pas signataire, les conditions que vous avez définies dans le contrat de mise à disposition y sont retranscrites.
Durée et Renouvellement
La durée totale d’un contrat de mission, renouvellements inclus, ne peut en principe excéder 18 mois. Il existe des exceptions (24 mois pour une commande exceptionnelle à l’exportation, 9 mois en attente de l’arrivée d’un CDI).
Le contrat peut être renouvelé deux fois au maximum, à condition que la durée totale ne dépasse pas la limite autorisée.
Entre deux contrats sur le même poste, un délai de carence (généralement un tiers de la durée du contrat précédent) doit être respecté pour éviter la requalification en CDI.
Conditions d’Entrée et de Séjour : Le Cas des Travailleurs Hors UE
Alors que les citoyens de l’UE circulent librement, l’embauche d’un intérimaire ressortissant d’un pays tiers est un processus beaucoup plus réglementé. L’employeur et l’agence d’intérim doivent naviguer dans des démarches administratives précises pour obtenir les autorisations nécessaires avant le début de toute mission en France.
La procédure standard implique que l’employeur (ici, l’agence d’intérim agissant pour le compte de l’entreprise utilisatrice) dépose une demande d’autorisation de travail en ligne sur le portail dédié du Ministère de l’Intérieur.
La demande doit être justifiée. Il faut prouver l’absence de candidats locaux, sauf pour les métiers en tension.
La liste officielle de ces métiers est mise à jour annuellement par arrêté. Pour ces professions, l’opposabilité de l’emploi n’est pas appliquée, simplifiant grandement la procédure.
L’autorisation de travail : une étape cruciale
L’administration française (DREETS) examine la demande en prenant en compte plusieurs critères : le niveau de qualification du candidat, la situation de l’emploi dans le bassin concerné, les conditions de travail et de rémunération proposées.
Une fois l’autorisation accordée, le futur salarié peut alors entamer ses démarches de visa auprès du consulat de France dans son pays de résidence.
Le travailleur obtient un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS). Il devra le valider auprès de l’OFII à son arrivée. C’est cette validation qui finalise son droit de séjourner et de travailler légalement.

Vérification par l’employeur : une obligation de vigilance
L’entreprise utilisatrice a une obligation de vigilance. Avant d’accueillir l’intérimaire, elle doit demander à l’agence d’intérim la preuve que les démarches ont été accomplies.
Il est fortement conseillé de conserver une copie du titre de séjour valant autorisation de travail du salarié.
En cas de contrôle de l’inspection du travail, l’absence de ce document ou l’emploi d’un étranger sans autorisation peut entraîner des sanctions très lourdes, incluant des amendes pouvant aller jusqu’à 15 000 € par salarié et des peines d’emprisonnement.
Le Processus de Recrutement et de Sélection des Talents Étrangers
Identifier les bons profils à l’étranger requiert une méthodologie et une expertise spécifiques. Il ne s’agit pas seulement de trouver des candidats, mais de s’assurer de leur qualification, de leur motivation et de leur capacité à s’intégrer dans un nouvel environnement professionnel et culturel. C’est là que le rôle d’une agence spécialisée prend tout son sens.
Sourcer et Attirer les Candidats
Les stratégies de sourcing peuvent inclure la diffusion d’offres sur des portails d’emploi internationaux, l’animation de réseaux de partenaires locaux (écoles de formation, agences locales) ou la participation à des salons de recrutement à l’étranger. Pour attirer les meilleurs talents, il est essentiel de proposer un projet clair et attractif, détaillant non seulement la mission et la rémunération, mais aussi les conditions d’accueil et d’accompagnement en France (aide au logement, démarches administratives, etc.).
Évaluation Rigoureuse des Compétences
L’évaluation doit aller au-delà du CV. Pour les métiers techniques, des tests pratiques ou des mises en situation peuvent être organisés pour valider les compétences. Les entretiens en visioconférence permettent d’évaluer les compétences comportementales (soft skills), la motivation et le niveau de langue. Une vérification approfondie des références professionnelles est également une étape indispensable pour sécuriser le recrutement. Un partenaire expert, comme une agence d’intérim roumaine ou bulgare, dispose des ressources locales pour mener ces vérifications efficacement.
Action Interim : Votre Partenaire pour l’Intégration de Talents Roumains Qualifiés
Dans ce contexte complexe, s’appuyer sur un partenaire expert est un facteur clé de succès. Action Interim se positionne comme un acteur de référence pour le recrutement et le détachement de travailleurs qualifiés en provenance de Roumanie. Notre agence offre des solutions stratégiques aux entreprises françaises pour surmonter les pénuries de main-d’œuvre et optimiser leurs coûts de production.
Forts de notre connaissance approfondie du marché roumain et du cadre réglementaire français, nous proposons un accompagnement complet. Notre processus de sélection est rigoureux : nous vérifions les qualifications, l’expérience et les références de chaque candidat pour garantir l’adéquation parfaite avec vos besoins.
Que vous cherchiez un maçon expérimenté, un soudeur certifié ou une équipe complète pour un chantier, Action Interim gère l’ensemble du processus : du sourcing à l’intégration en France, en passant par toutes les formalités administratives. Choisir l’action interim avec nous, c’est choisir la sécurité, l’efficacité et l’accès à une main-d’œuvre spécialisée et flexible.
Notre expertise en détachement d’ouvriers roumains en France vous assure une conformité totale et une tranquillité d’esprit.
L’Importance de la Langue et de l’Adaptation Culturelle
L’intégration réussie d’un intérimaire étranger ne se limite pas à ses compétences techniques. La barrière de la langue et les différences culturelles sont des facteurs déterminants pour la sécurité, la productivité et le bien-être au travail. Une communication défaillante sur un chantier peut entraîner des malentendus et des accidents graves. Il est donc crucial d’anticiper ces aspects.
Stratégies pour surmonter la barrière linguistique
Plusieurs approches peuvent être combinées :
- Évaluation du niveau de langue au recrutement : Définir le niveau de français minimum requis pour le poste, surtout s’il implique des interactions complexes ou des consignes de sécurité critiques.
- Mise en place de formations : Proposer des cours de Français Langue Étrangère (FLE) axés sur le vocabulaire professionnel du secteur.
- Désigner un référent bilingue : Avoir au sein de l’équipe un chef de chantier ou un collègue parlant la langue de l’intérimaire (ou à défaut, l’anglais) facilite grandement la transmission des instructions.
- Utiliser des supports visuels : Pictogrammes, schémas et instructions illustrées peuvent compléter la communication verbale, notamment pour les consignes de sécurité.
Un bon partenaire de recrutement peut vous aider en constituant des équipes homogènes, par exemple un groupe d’intérimaires bulgares ou roumains avec un chef d’équipe bilingue, ce qui fluidifie la communication et renforce la cohésion.
Rémunération et Conditions de Travail Conformément à la Loi Française
Le principe d’égalité de traitement est la pierre angulaire de la réglementation du travail temporaire en France. Un intérimaire étranger doit percevoir une rémunération au moins égale à celle que toucherait un salarié de l’entreprise utilisatrice, après période d’essai, à qualification et poste équivalents. Cette règle vise à empêcher le dumping social et à garantir une concurrence saine.
La structure de la rémunération
La rémunération de l’intérimaire ne se limite pas au salaire de base. Elle doit inclure tous les compléments de salaire et accessoires payés dans l’entreprise utilisatrice. Cela comprend :
- Le salaire de base : Il doit être au moins égal au SMIC (ou au salaire minimum conventionnel s’il est plus favorable).
- Les primes : Prime de 13ème mois, prime de vacances, prime de productivité, prime de risque, etc., versées au prorata de la durée de la mission.
- Les indemnités : Indemnité de repas (panier), indemnité de transport, etc.
- Majorations : Pour heures supplémentaires, travail de nuit, travail le dimanche ou les jours fériés.
À la fin de sa mission, l’intérimaire perçoit également une indemnité de fin de mission (IFM), égale à 10% de sa rémunération brute totale, ainsi qu’une indemnité compensatrice de congés payés (ICCP), également de 10%. Ces deux indemnités sont versées par l’agence de travail temporaire.
Pour l’employeur, il est donc crucial de communiquer à l’agence d’intérim une information complète et transparente sur la structure de rémunération applicable dans son entreprise pour le poste concerné.
L’Hébergement et les Conditions de Vie des Travailleurs Intérimaires
Bien que l’hébergement ne soit pas toujours une obligation légale stricte pour l’entreprise utilisatrice (sauf cas spécifiques comme le travail saisonnier ou certaines conventions collectives), il constitue un facteur décisif pour attirer et fidéliser les travailleurs étrangers. Un intérimaire qui doit se soucier de trouver un logement décent à distance sera moins enclin à accepter une mission.
Responsabilités et bonnes pratiques
Lorsqu’un intérimaire est en situation de « grand déplacement » (c’est-à-dire qu’il ne peut regagner son domicile chaque jour), l’employeur (via l’agence) a des obligations en matière de prise en charge des frais. Concernant le logement, plusieurs solutions existent :
- Proposer une solution d’hébergement : Certaines entreprises disposent de logements ou nouent des partenariats avec des résidences ou des bailleurs locaux.
- Accompagner la recherche : Fournir une aide active pour trouver un logement adapté, par exemple via des agences spécialisées ou des plateformes dédiées.
- Verser une indemnité de logement : Si l’intérimaire trouve son logement par lui-même, une indemnité peut lui être versée pour couvrir les frais.
Assurer des conditions de vie dignes n’est pas seulement une question de responsabilité sociale ; c’est un investissement direct dans la productivité et la motivation de vos équipes. Un travailleur bien logé et bien intégré est un travailleur plus performant et moins sujet à l’absentéisme.
La Protection Sociale et la Santé des Intérimaires Étrangers
Tout salarié travaillant sur le sol français, qu’il soit français ou étranger, intérimaire ou permanent, est obligatoirement affilié au régime général de la Sécurité sociale française. Cette affiliation lui ouvre droit à une protection complète en matière de santé, d’accidents du travail, de prestations familiales et de retraite. L’employeur joue un rôle clé dans cette démarche.
Affiliation à la Sécurité Sociale (CPAM)
Dès l’embauche, l’agence d’intérim doit effectuer la Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE), qui déclenche le processus d’immatriculation du salarié auprès de la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie). Pour un travailleur étranger arrivant en France, cela peut prendre de 6 à 8 semaines.
Durant cette période, il reçoit un numéro d’identification d’attente (NIA) qui lui permet déjà une prise en charge de ses soins en cas de besoin.
Une fois le processus achevé, il reçoit son numéro de sécurité sociale définitif (le NIR), qui lui permet de créer son compte Ameli et d’obtenir sa Carte Vitale.
Une exception majeure concerne les travailleurs détachés. Un salarié envoyé par son entreprise (par exemple, une entreprise roumaine) pour une mission temporaire en France reste affilié au régime de sécurité sociale de son pays d’origine. Il doit pour cela être en possession d’un formulaire A1, qui atteste de sa situation. Dans ce cas, il n’est pas affilié à la CPAM française. Connaître cette différence est essentiel pour l’employeur.
Santé et Sécurité au Travail
L’entreprise utilisatrice est directement responsable de la santé et de la sécurité de l’intérimaire sur son lieu de travail. Cela implique :
- Une évaluation des risques du poste de travail.
- Une formation renforcée à la sécurité, surtout pour les postes à risques.
- La fourniture de tous les Équipements de Protection Individuelle (EPI) nécessaires et adaptés.
- Le suivi médical, assuré par le service de santé au travail de l’entreprise utilisatrice ou de l’agence d’intérim.

La Fiscalité Applicable aux Intérimaires Étrangers et à l’Employeur
La fiscalité est un autre domaine où la clarté est nécessaire pour éviter les mauvaises surprises, tant pour le salarié que pour l’employeur. Le régime fiscal applicable à un intérimaire étranger dépend principalement de son statut de résidence fiscale, qui est déterminé par des critères précis définis dans la législation française et les conventions fiscales internationales.
Résidence fiscale et impôt sur le revenu
Un salarié est considéré comme résident fiscal français s’il remplit l’un des critères suivants :
- Il a son foyer ou son lieu de séjour principal en France.
- Il y exerce une activité professionnelle à titre principal.
- Il a le centre de ses intérêts économiques en France.
Un intérimaire étranger qui passe plus de 183 jours par an en France est généralement considéré comme résident fiscal. Il est alors imposable en France sur l’ensemble de ses revenus mondiaux. Son salaire est soumis au prélèvement à la source (PAS) par l’agence d’intérim, selon les mêmes modalités que pour un salarié français.
S’il n’est pas considéré comme résident fiscal, il sera imposé uniquement sur ses revenus de source française. Un taux minimum d’imposition peut s’appliquer. Il est crucial de se référer à la convention fiscale entre la France et le pays d’origine du salarié pour éviter les doubles impositions.
Cotisations sociales
Pour un intérimaire embauché par une agence française, les cotisations sociales (salariales et patronales) sont calculées et versées sur son salaire brut, selon les mêmes taux que pour tout autre salarié en France. Ces cotisations financent la Sécurité sociale (maladie, retraite, famille, chômage). L’employeur doit être vigilant sur le fait que la facturation de
Obligations et responsabilités de l’employeur pour les intérimaires étrangers
L’embauche d’intérimaires étrangers par une entreprise de travail temporaire (ETT) française impose à l’agence d’emploi certaines responsabilités administratives et légales spécifiques. Au-delà de la simple contractualisation, l’ETT doit s’assurer de la conformité de la situation de l’intérimaire au regard du droit du travail et de l’immigration français. Cela inclut notamment la vérification de la validité des titres de séjour et des permis de travail pour les ressortissants de pays hors Union Européenne, de l’Espace Économique Européen et de la Suisse. L’absence de ces documents en règle peut entraîner des sanctions lourdes pour l’ETT, allant de lourdes amendes à l’interdiction d’exercer l’activité de travail temporaire.
Une vigilance particulière doit être portée à la législation applicable en matière de détachement de salariés. Si l’intérimaire est originaire d’un pays avec lequel la France a signé une convention de sécurité sociale, certaines règles concernant l’affiliation aux régimes sociaux peuvent différer. Il est primordial pour l’agence de se renseigner sur ces accords pour garantir le respect des droits de l’intérimaire et se conformer aux obligations déclaratives. De même, l’intégration de l’intérimaire étranger au sein de l’entreprise utilisatrice doit se faire dans les meilleures conditions, en tenant compte des éventuelles différences culturelles et linguistiques. L’ETT a un rôle de médiation et de conseil à jouer auprès de l’entreprise cliente pour faciliter cette intégration et prévenir tout risque de discrimination ou de malentendu.
Gestion des risques et conformité
La gestion proactive des risques liés à l’emploi d’intérimaires étrangers est essentielle pour toute ETT. Cela passe par une veille juridique constante afin de s’adapter aux évolutions législatives concernant l’immigration, le droit du travail et la protection sociale. Il est recommandé de mettre en place des procédures internes rigoureuses pour la vérification des documents d’identité et de travail, ainsi que pour le suivi de la durée de séjour des intérimaires étrangers. L’absence de contrôle peut exposer l’entreprise à des conséquences financières et pénales importantes, notamment en cas de travail dissimulé ou de non-respect des règles relatives à l’embauche de travailleurs étrangers.
L’accompagnement de l’intérimaire étranger ne se limite pas aux aspects administratifs. Il est également important de s’assurer que celui-ci bénéficie des mêmes droits et protections que les salariés français, notamment en matière de santé et de sécurité au travail, de rémunération et de conditions de travail. En cas de besoin, l’ETT peut proposer des services d’aide à l’hébergement, à l’apprentissage de la langue française ou à l’intégration sociale, contribuant ainsi à une expérience positive pour l’intérimaire et à une relation de confiance durable avec l’entreprise utilisatrice.
Foire aux questions
Quelles sont les principales obligations de l’employeur lors de l’embauche d’un travailleur étranger en intérim en France ?
L’employeur doit s’assurer que le travailleur étranger dispose des autorisations nécessaires pour travailler en France, notamment un titre de séjour valide et une autorisation de travail si requis. Il est également responsable de respecter la législation du travail française en matière de contrat, de rémunération et de conditions de travail.
Comment gérer la déclaration d’embauche et les cotisations sociales pour un intérimaire étranger ?
L’entreprise de travail temporaire (ETT) est l’employeur légal et est donc responsable de la déclaration d’embauche (DPAE) et du paiement des cotisations sociales auprès des organismes français. L’entreprise utilisatrice doit s’assurer que l’ETT est en règle.
Quels sont les risques si l’employeur ne respecte pas la réglementation concernant les intérimaires étrangers ?
Le non-respect de la réglementation peut entraîner des sanctions financières importantes, telles que des amendes, le paiement d’arriérés de cotisations sociales et de salaires, ainsi que des poursuites judiciaires pour travail dissimulé ou non-respect des droits des travailleurs.
